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Des nouvelles peu réjouissantes de l'état des mers européennes ...

21/05/2019 - Méditerranée - Façade atlantique - Façade Méditerranée - Façade Manche – Mer du Nord

L'Agence européenne pour l'environnement (AEE) a publié le 15 mai 2019 un rapport sur les contaminants dans les mers européennes. C'est la toute première cartographie de ce genre à l'échelle de notre continent. Le constat n'est pas réjouissant : entre 75 % et 96 % de la superficie évaluée des mers régionales sont confrontées à un problème de contamination...

Quant à lui, le voilier Tara part le 23 mai prochain traquer les microplastiques dans les embouchures des grands fleuves européens.

Et pour finir, un point sur le pacte national sur les emballages plastiques.

 

Quelques conclusions du rapport pour l'Agence européenne de l'environnement sur la contamination des eaux européennes

Le rapport se base sur les résultats des suivis effectués dans le cadre de la DCSMM et de la DCE. Des prélèvements ont été effectués sur 1541 sites européens (eaux côtières principalement et quelques masses d'eaux du large pour la mer Noire, la Manche et la mer du Nord, la Baltique).

La grande majorité des sites sont confrontés à un ou plusieurs polluants chimiques, plus ou moins nocifs pour l'environnement. La mer noire, les eaux littorales de la Méditerranée ou encore la Manche, la mer du Nord et la Baltique payent ainsi un lourd tribut environnemental.

Le journal Le Marin a procédé à une rapide analyse du document pour en ressortir quelques points clefs :

  •  La contamination méditerranéenne par le DDT, pourtant interdit dans la plupart des pays européens, ne régresse pas car celui-ci est toujours utilisé dans certains pays africains.
  • Dans l’ensemble, grâce aux interdictions et aux sévères restrictions, le niveau de contaminants – métaux lourds, PCB, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) – relevé est en baisse dans les quatre mers.
  • Les concentrations de cadmium et de mercure provenant de centrales au charbon, ne respectent toujours pas les seuils convenus dans certaines zones côtières.

Si l'on peut se réjouir de la baisse des taux de certains polluants, la superficie des zones contaminées et la persistance des polluants sont telles, qu'il faudra encore beaucoup d'efforts collectifs pour retrouver des eaux en bon état écologiques (BEE) en Europe.

Les prochaines évaluations concerneront l'eutrophisation, la biodiversité marine, les effets combinés des activités humaines, les aires marines protégées...  

L'AEE conclut que les échéances de 2020 inscrits dans la DCSMM sont encore loin d'être respectées. L'AEE prône une transition en profondeur dans l'utilisation des produits chimiques et notamment davantage de contrôle

 

Pour en savoir plus

Le rapport est téléchargeable ici ou sur le site de l'Agence européenne pour l'environnement (en anglais).

Page 33 du rapport, vous trouverez la carte de synthèse des contaminations (sédiments, colonne d'eau, organismes). Pensez à zoomer sur la carte pour pouvoir lire les détails sur les masses d'eaux côtières.

Référence du document : European Environment Agency. Contaminants in Europe's seas Moving towards a clean, non-toxic marine environment. 2019. 61 pp.      ISBN 978-92-9480-058-9

 

 

Tara : nouvelle expédition pour traquer les microplastiques

La goélette océanographique "Tara" partira le 23 mai prochain pour une mission de 6 mois dans les embouchures des 10 principaux fleuves européens : Tamise (Angleterre), Elbe (Allemagne), Rhin (Pays-Bas), Seine, Loire et Garonne (France), Tage (Portugal), l'Ebre (Espagne), Rhône (France) et Tibre (Italie).

Après s’être concentrés sur cette pollution en mer Méditerranée en 2014, avoir découvert l’importante zone d’accumulation dans l’océan Arctique en 2017 et identifié la biodiversité associée dans le “Vortex” du Pacifique Nord en 2018, la goélette Tara et ses partenaires vont identifier les sources, prédire le devenir et évaluer l’impact des plastiques de la terre vers la mer.

Les filets à bord permettent de capturer les microplastiques de 1 nm à 5 mm de diamètre. Issus de la dégradation des macrodéchets plastiques, ces microplastiques ont de nombreuses interactions avec les organismes marins : dispersion d’espèces potentiellement invasives ou pathogènes fixées sur les plastiques, accumulation de produits toxiques dans la chaîne alimentaire, etc.

Biologistes marins, écotoxicologues, océanographes, modélisateurs, chimistes et physiciens composent une équipe interdisciplinaire d’une quarantaine de scientifiques au sein de cette mission. Ils travailleront collectivement à deux grands objectifs scientifiques communs :

  • Identifier les sources de pollution, comprendre leur fragmentation dans les fleuves et prédire leur dispersion vers l’Océan
  • Comprendre leurs impacts sur la biodiversité marine et leurs effets sur la chaîne alimentaire

Les plastiques contiennent des additifs (notamment des perturbateurs endocriniens) qui peuvent être « relargués » dans les tissus des animaux qui les avalent. Ces recherches contribueront à hiérarchiser demain les plastiques les plus toxiques selon leur composition pour les éliminer en priorité de notre consommation.

D'ores et déjà, les flux de déchets plastiques sont qualifiés "d'hémorragiques" par la Fondation...

 

Pour en savoir plus

Le volet scientifique de cette nouvelle expédition est coordonnée par le CNRS (Jean-François Ghiglione, directeur scientifique de la mission et en poste au laboratoire Arago de Banyuls-sur-mer) et en partenariat avec le laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL, Edith Heard en est la directrice). 

La fondation Tara assurera le volet sensibilisation de cette expédition.

Pour en savoir plus, lire le communiqué de presse sur le site de la fondation Tara : https://oceans.taraexpeditions.org

 

 

Le pacte national sur les emballages plastiques

Le 21 février 2019, au ministère de la Transition écologique et solidaire, 6 distributeurs et 7 industriels majeurs (agro-alimentaire et cosmétiques) ont signé ce pacte national au côté de la fondation Tara Océan et du WWF France.

Objectif : s’engager collectivement pour devenir acteurs de l’économie circulaire et faire en sorte que le plastique ne devienne jamais un déchet.

Les actions concrètes prévues dans le Pacte doivent ainsi permettre d’éliminer les emballages en plastique problématiques ou inutiles, en particulier dans les enseignes de grande distribution » :

  • établir une liste des emballages devant être désignés comme problématiques ou inutiles et pour lesquels des mesures pour leur élimination devront être prises
  • atteindre collectivement 60% d’emballages plastiques effectivement recyclés d’ici 2022
  • éco-concevoir les emballages pour les rendre réutilisables, recyclables ou compostables à 100% d’ici 2025
  • mener des actions de sensibilisation et de pédagogie auprès du grand public sur les enjeux de la pollution plastique.

Dès 2021, des travaux seront réalisés tous les six mois afin d’évaluer les avancées qui seront rendues publiques annuellement.

 

Pour en savoir plus

Sur le site du ministère de la Transition écologique et solidaire : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr

Mots-clés associés : DCE DCSMM pollution

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